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Le commerce spécialisé en baisse en 2017

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La Fédération Procos vient de publier son bilan pour l’année écoulée. Résultat : le chiffre d’affaires global du commerce spécialisé s’inscrit en légère baisse, tout comme la fréquentation en magasin et les autorisations de surfaces commerciales.

Une année en dent de scie, c’est en tout cas ce que l’on peut observer à travers l’évolution du chiffre d’affaires du commerce spécialisé en 2017 (voir graphique ci-dessous). Si le mois de janvier avait particulièrement mal débuté, en raison d’un “retard de début des soldes » analyse Procos, le boom exceptionnel de septembre, qui était déjà suivi de bonnes performances les deux mois précédants, laissait entrevoir l’espoir d’un retour à un niveau de croissance satisfaisant. C’était sans compter la chute vertigineuse d’octobre, qui a remis les compteurs à zéro. Une baisse à mettre au crédit de la météo selon les spécialistes du secteur, et qui a surtout touché les professionnels de l’équipement de la personne. Selon l’Institut Français de la Mode, la consommation de textile/habillement a en effet reculé de 15,2% durant ce mois-ci, les chaines de grande diffusion enregistrant la plus forte baisse (-22,4%).

commerce spécialisé-bilan-2017

Une baisse des ventes qui n’a pu être compensée par les deux derniers mois de l’année. “L’activité dynamique de novembre permettait d’espérer un bon quatrième trimestre mais il semble que les fortes opérations du Black Friday aient généré des anticipations d’achats de Noël, ce dont a souffert l’activité de décembre (- 1,4 %). Le 4ème trimestre est donc fortement en retrait à – 3,4 %. », détaille ainsi Procos dans son rapport. Sur l’année cumulée, l’équipement de la maison (+ 0,3 %), la culture-loisir (+ 0,7 %), la restauration (+ 0,5 %) et les services (+1,6 %) terminent en positif, à l’inverse de l’hygiène santé beauté (-0,4%) ainsi que l’équipement de la personne (- 0,9 %). Une baisse, pour ce dernier secteur, qui “reste modérée par rapport à un historique particulièrement négatif entre 2015 et 2016 », ajoute néanmoins Procos.

Le commerce de centre-ville à la peine

Comme on pouvait s’y attendre, l’activité du commerce spécialisé en centre-ville apparaît à la peine en 2017 (-0,6% en moyenne, voir graphique ci-dessous). Une baisse qui trouve son origine dans la mauvaise performance des enseignes en pied d’immeuble (-1,2%), alors qu’à l’inverse les centres commerciaux de centre-ville concluent l’année sur une note positive (+0,2%). En périphérie, Procos observe en revanche une situation contraire : “Les magasins situés en périphérie ont mieux résisté que ceux de centre-ville surtout grâce à une activité légèrement meilleure dans les moyennes surfaces alors que les centres-commerciaux de périphérie terminent l’année en négatif (- 0,3 %) », peut-on lire dans le rapport.

évolution-chiffre-affaires-commerce-spécialisé-centre-ville

La diminution du chiffre d’affaires du commerce spécialisé est également à mettre en parallèle avec la baisse de la fréquentation dans les magasins, mesurée cette année par l’Observatoire de la fréquentation des commerces, un nouvel outil de mesure lancé par Procos, en partenariat avec Stackr. D’après leurs résultats, seule la région île-de-France enregistre une hausse du trafic en boutique. La fréquentation globale s’inscrit de son côté en légère baisse (-1%), un chiffre qui masquent ainsi de fortes disparités entre les villes, puisque comme le souligne justement le rapport de Procos, “la baisse étant plus forte dans les centres-villes, particulièrement les plus petits d’entre eux (150 à 250 magasins). En termes d’agglomérations, ce sont les petites qui sont les plus impactées par la baisse de fréquentation. »

Les autorisations de surfaces commerciales en baisse

En complément de son rapport sur l’activité du commerce spécialisé, Procos a également publié son compte rendu de l’immobilier de commerce en France. Des données qui sont issues de son Observatoire de l’Immobilier Commercial. En 2017, 1.428.142 m² de surfaces commerciales ont ainsi été autorisés par les Commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC) et la Commission nationale d’aménagement commercial (CNAC) . Un volume encore très important, mais toujours “inférieur au niveau de 2016 (1.676.090 m²) » et ” très en deçà de 2014 (- 35 %) et surtout de 2010 (- 56 %) », précise le rapport. Dans le détail, les secteurs de l’équipement de la maison (+ 25 %), les jardineries (+ 46 %), les magasins Bio (+ 101 %) et les solderies (+ 31 %) enregistrent chacun de fortes hausses, tandis que les secteurs équipement de la personne (- 41 %), l’alimentaire discount (- 15 %) ainsi que le sport (- 39 %) subissent des baisses importantes. A noter également que si les autorisations de surfaces commerciales baissent, le pourcentage de projets acceptés en CDAC et/ou CNAC restent quant à lui stable, à 84% en 2017. Ce qui tend à relativiser le rôle de régulateur de ces institutions, puisque la réduction du nombre de surfaces commerciales est surtout le fait d’une politique interne aux enseignes.

Lire aussi : Immobilier commercial, une bulle prête à exploser ?

La nature des projets autorisées reste quant à elle dans la tendance des années précédentes. Le format du Retail Park notamment continue de séduire les promoteurs immobiliers, et représente ainsi 65% des volumes autorisés (contre 50% en 2011). En totalité, les créations de nouvelles surfaces commerciales sont largement plus nombreuses que les extensions (respectivement 68,5 % et 26,6 % des autorisations). Les mises en chantier de projets sont comparables à 2016 et se situent à 3,28 millions de m². Enfin, les projets en stocks (projets annoncés à 5 ans par les promoteurs) augmentent en volume (+ 7% en surface).

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Quelle tendance pour 2018 ?

Malgré des perspectives économiques favorables à long terme, et notamment une prévision de croissance en 2018 de +1,9%, le pouvoir d’achat des ménages  ne devrait progresser que faiblement cette année (+0,2%). En cause notamment, la hausse du prix des carburants et l’augmentation de la CSG dès le 1er janvier 2018, alors que la baisse de cotisations sociales qui y est associée n’interviendra quant à elle qu’au mois d’octobre. La Fédération Procos en conclut que “2018 pourrait donc être une année de transition pour le commerce de détail ». Les enseignes du commerce spécialisé devraient en profiter pour poursuivre “la mise en place des stratégies omnicanales ». Et notamment renforcer leur présence sur le web, afin de parvenir à capter davantage le marché de la vente en ligne, qui devrait continuer à croître de manière exponentielle en 2018 (+ 14 % en 2017 selon la FEVAD). Rendez-vous est pris en 2018 donc.

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