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La vision des Français du centre-ville en 5 chiffres

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À l’occasion des 13ème Assises Nationales du Centre-Ville, l’association Centre-Ville en Mouvement et Clear Channel / CSA Research ont dévoilé les résultats du 3ème baromètre du centre-ville et des commerces. Une étude riche d’enseignements sur la perception et les attentes des Français vis-à vis de leur cœur de ville.

Les Français sont-ils vraiment attachés à leur centre-ville ? Comment l’utilisent-ils ? Quels nouveaux services attendent-ils en ville ? Un ensemble de questions, et bien d’autres encore, auxquelles s’attachent à répondre le 3ème baromètre du centre-ville et des commerces, établi par l’association Centre-Ville en Mouvement et Clear Channel / CSA Research. Avec plusieurs chiffres instructifs à la clé, dont 5 qui ont particulièrement retenus notre attention.

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42 % des Français estiment que le centre-ville qu’ils fréquentent est sur le déclin

C’est l’un des principaux enseignements de cette étude : les Français sont de plus en plus concernés par le sort de leur centre-ville, notamment au sein des villes moyennes. Ainsi, 42 % des 1 000 personnes interrogées considèrent que leur centre-ville va mal. Un taux qui grimpe même à 56 % dans les villes de 50 000 à 100 000 habitants, soit une hausse de 20 points en l’espace d’un an ! Une perspective de déclin qui semble les inquiéter, en atteste le fait que dans les villes de plus de 50 000 habitants, 68 % des Français se déclarent attachés ou très attachés à leur cœur de ville. Une tendance qui contraste avec ce que l’on peut observer pour les résidents des agglomérations de moins de 50 000 habitants, qui apparaissent de leur côté résignés quant à l’avenir de leur centre-ville. Une majorité des sondés (51 %) affirment ainsi n’être pas vraiment, ou pas du tout, attachés à leur centre-ville.

Lire aussi : Que pensent les Français des commerces de proximité ?

73% des Français se rendent au moins une fois par semaine en centre-ville

La visite hebdomadaire dans le centre-ville est surtout l’apanage des élèves ou étudiants (86%) et des 65 ans ou plus (85%). Au niveau des catégories d’agglomérations, 79% des habitants des villes de 50 000 à 100 000 habitants s’y rendent au moins une fois par semaine, une part qui grimpe à 85% dans les grandes agglomérations, et même à 98% à Paris. A l’inverse, c’est dans les villes de province de moins de 50 000 habitants (68%) et surtout au sein des zones rurales (59%) que l’on recense le moins de fréquentation.

33% des Français choisissent le centre-ville pour leurs achats courants

En termes d’usage, le baromètre montre également une distinction assez nette entre les centres-villes et les zones commerciales périphériques. Ces dernières sont en effet surtout fréquentées pour des aspects pratiques, comme les achats courants (66% pour la périphérie, contre 33% pour le centre-ville). A contrario, le centre-ville est plébiscité comme le meilleur endroit pour retrouver des proches (82 %, contre 16 % en périphérie), flâner (79 %, contre 20 %) ou encore faire du shopping (57 %, contre 42 %).

21% des Français considèrent la piétonisation comme une priorité

A la question « Qu’attendez-vous en priorité d’un centre-ville ? », un peu plus d’un répondant sur cinq répond “la piétonisation des rues”. Une donnée intéressante, à l’heure où la place de la voiture en ville ne cesse de faire débat. La nécessité d’accroître l’offre de transport en commun se classe d’ailleurs en 3ème position des revendications (14%), juste derrière le besoin de davantage de commerces alimentaires (18%). Suivent par la suite les espaces verts (11%), la présence d’un multiplexe (8%), ou encore les restaurants et cafés-terrasses (7%). L’installation de nouveaux commerces spécialisés, habillement compris, n’est quant à elle réclamée que par 4 % des sondés.

95% des Français estiment que la modernisation des centres-villes constitue un objectif important et prioritaire pour les maires

Pour redonner un élan à leur centre-ville, une écrasante majorité (95%) considèrent enfin que cette tâche est à la responsabilité du maire, qui doit ainsi en faire un objectif important. Pourtant, à la question « Avez-vous le sentiment que la modernisation des centres-villes constitue pour les maires un objectif tout à fait prioritaire », seulement 35% des Français répondent par l’affirmative. Le message est passé, aux élus à présent de s’en emparer.

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3 Comments

  1. Je suis commerçante et je note un très net recul de la fréquentation. La clientèle se plaint de la fermeture des commerces spécialisés et de la raréfaction de certains commerces sans pour autant être fidèles à ces mêmes commerces.
    C’est très contradictoire ce que dit la clientèle et les modes d’achats de cette clientèle.
    Les réseaux sociaux et internet jouent un rôle très important dans cette contradiction.
    La clientèle cherche ce qu’elle a vu sur la toile et ne vient plus flâner dans nos commerces pour chercher le coup de cœur déniché sur une étagère.
    Les enseignes franchisées entraînent vers un autre mode d’achat qui consiste à consulter en ligne et venir essayer en boutique puis pourquoi pas se faire livrer chez soi.
    Ces mêmes enseignes se retrouvent dans les centres commerciaux où le stationnement est facile et gratuit alors les achats se font moins en centre ville.
    Ces enseignes occupent les locaux les mieux situés en centre-ville car les loyers ne sont pas accessibles à des indépendants.
    Ce qui fait « l’âme » du centre-ville est la richesse de ces petits commerces uniques où les touristes ont plaisir à dénicher ce qui ne se trouve pas ailleurs. Aujourd’hui les commerces des centre-ville se standardisent, Lille, Marseille, Brest, Strasbourg, vous proposent les mêmes enseignes, les mêmes articles, les mêmes présentations, les mêmes décors de façades. Alors à quoi bon aller dans les centre-ville ?
    Redonner la priorité aux commerces indépendants en rendant les loyers accessibles et en facilitant l’accès, en permettant de venir en transport en commun avec un tarif très abordable. Le client doit pouvoir utiliser son titre de transport sans que le coût soit égal ou supérieur à un déplacement en voiture.

  2. Bonjour,Le problème des centres villes vient de nos chers élus,ils ont plus ou moins tués leur ville.
    Travaux démesurés,police municipale,autorisation de zone commerciale extérieure…….
    Une des premières conventions internationales sur la grande distribution qui a eu lieu aux États Unis en 1959 ,le thème d’introduction était le suivant:*NO PARKING NO BUSINESS *.Etaient présents MrMuliez ,Édouard Leclerc,…. Eux ont immédiatement compris.
    Une réflexion pour tout ces guignols…

  3. absolument la même analyse que Mme. Florence Haesmans. et Mr. Marquis. Je suis commerçante depuis 18 ans dans une ville de 70 000 habitants, 130 000 avec la communauté d’agglomération. On voit depuis 5 à 6 ans la
    baisse continue de la fréquentation mais accompagnée de hausse de loyers, de tarifs de stationnements multipliés par 2 pour décourager la voiture et travaux qui réduisent de moitié le nombre de places dans les rues accessibles aux voitures. Nous les multimarques proposons des produits différents des chaînes avec des rapports qualité-prix bien meilleurs et des pays de fabrication plus proches donc avec bon bilan carbone mais…
    beaucoup de clients achètent un prix aujourd’hui et avec nos coëfficients 3 fois moins importants que les chaînes nous ne pouvons pas suivre en terme de promos, réductions etc…Les municipalités, les banques nous font mourir à petit feu mais sûrement… A 2 ans de la retraite ras le bol et très amère.

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