Gestion, Marketing

Veando, le skype du commerce de proximité

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Connecter facilement les commerçants avec leurs clients afin de redynamiser le commerce indépendant, telle est la mission que s’est donnée la start-up Veando. Grâce à un simple appel vidéo, le commerçant peut vendre en temps réel, le tout à moindre coût.

81,7 milliards d’euros. C’est le montant dépensé par les Français sur internet en 2017, d’après les derniers chiffres publiés par la Fevad. Soit une augmentation de 14,3% par rapport à l’année précédente, “un niveau de croissance maintenu depuis trois ans », précise le rapport de la Fevad. Une dynamique exceptionnelle qui a vocation à durer, tant l’achat dématérialisé s’insère dans les habitudes d’achats des Français. Pour aider les indépendants à répondre à cette nouvelle demande, plusieurs start up ont développé tour à tour des services et applications dédiés aux commerces de proximité. Parmi ces nouvelles pépites, Veando se démarque par son concept : en se connectant sur le site internet de la start up bretonne, le client peut appeler un commerçant enregistré sur la plateforme, afin que ce dernier lui présente l’article recherché dans son magasin, ou tout simplement lui distille des conseils.

Lire aussi : L’e-commerce, une aubaine pour les indépendants 

Nous sommes le skype du commerce de proximité, résume le gérant de l’entreprise Olivier Jullian. Avec une fonctionnalité supplémentaire puisque notre solution permet à tous les commerçants de faire de la vente en ligne à moindre coût ». Le client passe ainsi commande en temps réel et peut voir son panier augmenter au fil des achats, de la même façon que sur un site marchand lambda. Une fois la conversation terminée, il procède au paiement. A lui de choisir par la suite s’il préfère venir retirer ses achats en magasin, ou alors se faire livrer à son domicile. “Pour la livraison, le commerçant n’a rien à faire si ce n’est de préparer la commande. De notre côté, nous nouons des partenariats avec des livreurs locaux », explique le chef d’entreprise vannetais. Pour le paiement, Veando offre également une solution clé en main au commerçant : “Nous nous chargeons de lui créer un compte sur Lemon Way, qui lui permet de pouvoir encaisser des transactions en ligne », poursuit Olivier Jullian.

Veando
Olivier Jullian (tout à droite de la photo), au côté de son équipe, à Vannes

Une solution e-commerce à moindre coût

Pour convaincre les commerçants d’utiliser sa plateforme, Olivier Jullian joue sur la simplicité, mais aussi sur le faible coût de Veando : “L’inscription sur le site est gratuite, tout comme la communication, et nous prenons seulement 10% de commission sur les ventes, quand nos concurrents comme Deliveroo ou Epicery tournent autour de 25% à 30%, argumente-t-il. Par rapport à la gestion d’un site web où il faut constamment tenir à jour les stocks, photographier les produits, la maintenance… le coût est ridicule ! » A cela s’ajoute un référencement gratuit grâce à la mise en ligne d’une fiche qui détaille les principales coordonnées du commerçant.

“Les indépendants n’ont pas tous vocation à créer leur propre plateforme de vente en ligne, c’est non seulement coûteux mais aussi peu efficace. Il vaut mieux qu’il se regroupent autour d’une solution qui correspond à leur façon de travailler », ajoute-t-il. D’où l’intérêt de la vidéo qui permet “d’humaniser” la vente à distance, tout en répondant à un véritable besoin. Le client d’aujourd’hui se retrouve en effet face à un dilemme : il veut savoir ce qu’il va trouver dans le magasin avant de faire le déplacement, mais en même temps il a toujours besoin de l’expertise d’un professionnel, notamment pour les achats à plus forte valeur ajoutée. “Veando permet de répondre à cette demande, dans la mesure où le commerçant peut montrer le produit à son client et en même temps le conseiller sur son utilisation », explique Olivier Jullian. Notre solution est aussi vraiment adaptée au rythme de vie du commerce, puisque les appels ont vocation à se faire principalement durant les heures creuses. »

Veando défend le commerce indépendant de centre-villeLittle Marmaille-Vannes

Offrir une solution e-commerce à moindre coût est aussi le moyen qu’a trouvé Olivier Jullian pour apporter sa contribution à une bataille idéologique de plus grande ampleur : défendre le commerce indépendant de centre-ville. “Nous avons créé Veando également pour ça, préserver une certaine qualité de vie dans les villes de plus petites tailles, et cela passe nécessairement par une vie commerciale dynamique », justifie-t-il. Pour faire connaître son service auprès des consommateurs, il n’hésite pas ainsi à mettre en scène les commerçants vannais sur des affiches 4/3, présentes dans les abris bus de Vannes et sa périphérie (voir ci-contre). Un jolie coup de pub ! “Avant d’être commerciale, notre démarche est éthique, martèle le chef d’entreprise vannetais. Nous sommes une entreprise de l’économie sociale et solidaire, c’est ce qui fait aussi notre spécificité. 100% de nos bénéfices seront ainsi reversés dans la société, et nous voulons travailler de paire avec les commerçants dans la gestion du service,  pour faire en sorte d’adapter la solution au plus près de leurs besoins. » Une démarche responsable que l’on retrouve jusque dans la politique de livraison. “Les livreurs avec lesquels nous nouons des partenariats sont de vrais professionnels déjà installés et correctement rémunérés, nous ne voulons pas d’un système à la Deliveroo ».

Où trouver des commerçants ?

Lancée à la mi-novembre 2017, la plateforme permet aujourd’hui de pouvoir échanger avec les commerçants de la ville de Vannes, où est installé le siège social de l’entreprise. Avant un déploiement déjà programmé à Lorient d’ici les prochaines semaines. “Notre objectif est de réussir à motiver une quinzaine d’indépendants à travers chaque ville afin de pouvoir déployer le service à travers le territoire. Après rien n’empêche n’importe quel commerçant français de s’inscrire sur le site, mais nous ne pourrons pas assurer la livraison à domicile », prévient Olivier Jullian. Le message est lancé, avis aux intéressés !

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One Comment

  1. Quand je lis “nous ne prenons que 10% sur les ventes alors que …… en prennent25% ……”, Est-ce que nous vivons le même monde? Ont-ils connaissance des marges pratiquées par leur cible de clientèle?
    C’est mon côté gestionnaire agaçant pour les doux rêveurs mais je pense qu’ils se trompent de cible.
    La marge moyenne tourne aux alentours de 45% dans le petit commerce, franchement même 10% sur les ventes me ferait vraiment mal et 25% je lui laisse les clés.
    C’est bien ces nouveaux outils de vente mais je leur conseillerais d’aller frapper aux portes des grandes chaines aux marges exponentielles.

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