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Les 5 priorités du Conseil du Commerce de France pour dynamiser le commerce

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La dernière édition des Etats Généraux du Commerce a été l’occasion pour William Koeberle, Président du Conseil du Commerce de France, d’exposer ses solutions afin de dynamiser le commerce.

Le commerce représente un poids économique et social considérable en France. » C’est avec ces paroles que c’est ouvert la dernière édition des Etats Généraux du Commerce, le 12 mars 2018, organisés par le Conseil du Commerce de France. L’occasion de rappeler les chiffres clés du secteur : 885 000 entreprises (soit 1 entreprise française sur 5), 3,5 millions d’emplois (13% des emplois en France) et plus de 40 000 emplois salariés créés en 2016 et 2017 ! Un dynamisme apparent qui ne doit pas pour autant masquer les nombreux défis auxquels doivent faire face aujourd’hui les commerçants, et que le Conseil du Commerce de France regroupe en trois catégories. A savoir le développement du e-commerce, qui ne cesse de gagner des parts de marché chaque année, la numérisation des données qui modifie en profondeur la gestion interne de l’entreprise (facturation, paiement, stocks…), et enfin l’automatisation des tâches et le développement de la robotisation, qui influent sur le niveau et la nature des emplois. “Une triple révolution qui oblige tous les acteurs du secteur à repenser leur façon de commercer », explique le Conseil du Commerce de France, qui a ainsi rappelé par l’intermédiaire de son Président, William Koeberle, ses 5 priorités pour rendre le commerce plus dynamique.

Conseil du Commerce de France-Etats-Généraux-2018
Clôture des Etats Généraux du Commerce par Antoine Foucher, Directeur de cabinet de Muriel Pénicaud, Ministre du Travail.

Plus d’équité fiscale

Les multinationales d’internet ne paient que très peu d’impôts en France alors même que leurs poids dans l’économie ne cesse de prendre de l’ampleur. Une distorsion commerciale en défaveur des acteurs du commerce physique, d’où la demande du Conseil du Commerce de France de prendre les mesures nécessaires pour plus d’équité fiscale. “Le problème est que le commerce physique doit s’acquitter de plusieurs taxes foncières dont sont totalement exemptées les e-commerçants. Nous souhaitons ainsi que l’assiette fiscale ne soit pas le foncier, mais le chiffre d’affaires », explique William Koeberle. Une revendication reprise justement au sein du rapport remis récemment par André Marcon au Ministre de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard.

Lire aussi : Revitalisation des centres-villes : les indépendants oubliés ?

Le Conseil du Commerce de France s’intéresse aussi aux distorsions de concurrence résultant de la TVA. En effet, grâce aux marketplaces, les e-commerçants extra-communautaires vendent aux consommateurs français des produits facturés hors TVA et donc à des prix 5 à 20 % moins élevés que ceux proposés par les commerçants nationaux.

Baisser le coût du travail

Le Conseil du Commerce de France salue les différentes mesures prises par l’exécutif ces derniers mois, à l’image de la suppression des cotisations salariales d’assurance chômage et d’assurance maladie ou encore la transformation du CICE en baisses de charges pérennes. Mais regrette pour autant la diminution du taux de CICE ( 6 % des rémunérations versées à partir du 1er janvier 2018, contre 7% l’année précédente), qui coûte plusieurs centaines de millions d’euros aux entreprises françaises. En ce sens, William Koeberle réclame la suppression de toutes les charges sociales sur le SMIC et en intégrant les différents allègements de charges dans un barème unique.

Accompagner la digitalisation des commerces

Pour le Conseil du Commerce de France, le e-commerce s’envisage davantage comme un allié du commerce physique que comme une menace. En ce sens, la troisième priorité réside dans la digitalisation des commerces, alors même que, comme le rappelle William Koeberle, “plus de 50 % des commerçants ne sont pas visibles sur le web ». Le Conseil du Commerce de France propose ainsi la mise en place d’un crédit d’impôt investissement numérique ou d’un mécanisme de suramortissement, afin d’encourager les commerçants, notamment les indépendants, à procéder aux investissements nécessaires.

Investir dans la formation

William Koeberle a aussi rappelé l’importance de la formation et notamment de l’alternance afin de favoriser l’insertion des jeunes dans le monde du travail. Dans cet optique, les annonces faites récemment sur la réforme de l’apprentissage ainsi que de la formation professionnelle devraient être bien accueillies.

Simplifier la vie des commerçants

La cinquième priorité annoncée par le Conseil du Commerce de France est le besoin de simplification de la vie des commerçants. Là encore, William Koeberle se félicite des avancées faites avec la réforme du droit du travail notamment, mais regrette dans le même temps l’obligation imposée aux commerçants de s’équiper d’un logiciel de caisse certifié. “Avec cette obligation, on demande aux commerçants d’investir, parfois de l’ordre de quelques milliers d’euros juste pour un seul magasin, afin de prouver leur bonne foi ! », dénonce-t-il.

Revitaliser les centres-villes

Pour conclure, le Président du Conseil du Commerce de France a tenu à souligner la mobilisation des pouvoirs publics pour revitaliser les centres-villes des villes moyennes, au travers notamment du plan « Action cœur de ville ». Il s’est également positionné pour sortir de l’affrontement entre centre-ville et périphérie, expliquant que le problème de désertification commerciale, qui touche actuellement de nombreuses villes françaises, ne peut se réduire à cette simple opposition.

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